Avertissement : cet article contient des textes pouvant heurter la sensibilité des plus jeunes. Il serait préférable, si vous vous sentez concerné, de regarder ceci plutôt que d’être traumatisé par la violence de ce témoignage.
Ce matin, dans le bâtiment administratif des admissions et des règlements de conflits en Enfer, porte B, quatrième étage, c’est-à-dire la sous-préfecture de Boulogne Billancourt, là où le temps s’arrête, j’étais coincé entre deux conversations téléphoniques.
Le monsieur à ma droite, Jacques Boujean, Gilles Cherlec ou Jean-Marc Morleaud, comme vous voulez, était visiblement en charge d’un gros projet d’informatique, en partenariat avec HP. Et ça donnait ça :
Allô ? … Vous vous moquez de moi ? Mais enfin, Monsieur, non seulement j’ai appelé hier matin votre responsable pour signaler mon absence et pour lui préciser le nom et les coordonnées de mon remplaçant, mais en plus vous me l’avez confirmé en personne hier soir ! Ha ça oui, comme vous dites, il y a un petit problème ! Voire un gros ! Non mais vous vous rendez bien compte que mon collègue Charles Michaux (M.I.C.H.A.U.X.) vous attend depuis déjà deux heures sur le terrain ? Mais c’est inadmissible ! Venant de la part d’une grande société comme la vôtre, à laquelle nous versons chaque année plusieurs centaines de milliers d’euros pour un support informatique fiable, c’est décevant. Ha bah oui, comme vous le dîtes, j’espère bien que vous allez prendre des mesures. Visiblement, elles ne sont toujours pas prises en trente ans de métiers. Attendez, vous êtes en train d’affirmer que vous ne m’avez jamais enregistré dans votre base de données ? Et mon numéro de téléphone, vous l’avez inventé peut-être ? Bon, écoutez Monsieur, on va régler ça cordialement cet après-midi, entre personnes responsables…
À ma gauche, un plus jeune, visiblement en pleine prise-de-teuté avec sa gueule :
Wesh ma gueule, bien ou bien ? … Quoi ? T’fous d’moi ? D’où t’as fait ça ? P’tin on avait dit pas sans moi ! Vas-y sérieux tu m’fous la rage, j’vais v’nir te défoncer toi, sale pute, vas-y, ouais, vas-y bâtard j’vais t’crever, ouais, ouais, nan mais attends j’te nique fils de pute ! Hé mais m’parle pas comme ça sa race, vas-y dégage sale pédé.
La science progresse, envoyez vos dons.

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