Je suis sidéré par le comportement des banques. Des relevés de compte aux contrats à signer en passant par les formulaires administratifs, tout tourne autour d’une feuille de papier. Un gaspillage énorme que ces banques n’ont pas l’air de vouloir réduire.
Je suis un écolo passif. Je tri sélectivement mes déchets, j’éteins les appareils plutôt que de les mettre en veille, je coupe l’eau de la douche quand je me lave, je n’imprime une page que lorsque c’est indispensable et je n’envisage pas d’acheter un véhicule polluant. Un vrai Nicolas Hulot en herbe. (Voilà pour le jeu de mots.)
Quarante lettres par an
Quand je trie annuellement mes relevés de compte, je me demande toujours pourquoi je ne peux pas recevoir ces relevés par e-mail, dans un PDF sécurisé. J’ai trois comptes dans trois banques différentes : un courant à la BNP, un prêt étudiant au Crédit Lyonnais et un inutile et inutilisé à la Société Générale. Je reçois trois enveloppes par mois :
- Mon compte courant : je le consulte régulièrement sur Internet, au moins une fois par semaine. Le relevé mensuel m’est donc inutile pour l’information mais je le conserve soigneusement pour les archives, en cas de besoin. Toujours accompagné d’au moins deux prospectus, si ce n’est pas de la publicité, c’est de l’image de marque (”La BNP et les jeunes”, par exemple…). J’ai donc rempli ma poubelle d’une trentaine de coûteux cartons colorés.
- Mon prêt étudiant : je ne le consulte jamais sur Internet, et j’archive tout ces relevés au cas où. Quelques prospectus, cependant. Poubelle.
- Mon ancien compte inutile : une opération “Ouvrez un compte et recevez 100€” qui m’a permis de payer des bières un été et de ne plus jamais remettre les pieds dans cette agence. Depuis plusieurs années, ce compte est vide et inutilisé, mais je reçois régulièrement des relevés, des prospectus, des notifications de modification du contrat, ainsi que des appels d’un banquier, toujours différent, qui aimerait savoir pourquoi je n’utilise pas ce compte et qui refuse de le fermer sans que je passe à l’agence et que je signe tout un tas de trucs.
Un jour, si je remarque quelque chose de louche sur mon compte, mon gros classeur trié me servira pour la première fois. En espérant que non…
Qu’en est-il du relevé de compte en PDF ?
J’ai beau archiver toute cette paperasse, je ne la lis jamais. Je consulte mon compte sur Internet une à plusieurs fois par semaine. Je me souviens des premiers pas de la BNP sur le web : 50 centimes (de francs ou d’euro ? je ne sais plus) m’étaient prélevés à chaque consultation de mon compte. Et la BNP d’annoncer un an ou deux plus tard que le service devenait gratuit ! Hourra !
Mais le site web de la BNP n’est rien d’autre qu’un ensemble de pages mal organisées, lente à la consultation, et moches. Car, depuis la Révolution d’Internet (2007, pour la BNP), elles sont vertes et orange. Oui, comme les Tortues Ninja.
Mon compte BNP est aussi consultable via un mobile. En théorie, car je ne l’ai vu qu’à travers des erreurs de serveur. Et la version normale est tellement javascriptée pour la sécurité qu’il me faut plusieurs minutes pour m’identifier depuis mon iPhone.
Je lorgne sérieusement vers Mona Banq qui n’utilise aucun support papier et permet de remplir des dossiers en ligne sans s’embêter (alors que, tous les ans, mon père et moi devons recopier une longue page de texte en trois ou quatre exemplaires pour le Crédit Lyonnais, devant la conseillère imperturbable). La signature numérique et les relevés bancaires en ligne ont donc autant de valeur juridique qu’une feuille de papier avec un logo BNP imprimé dessus.
Orange, Free et EDF permettent déjà de consulter ses factures en ligne et ne plus recevoir de courrier postal. À quand les banques ?
La banque d’un monde qui change
Il y a un an ou deux, j’ai été contacté par ma conseillère BNP qui m’invitait à lui donner mon adresse e-mail parce-qu’elle “communique beaucoup par e-mail, voyez-vous, c’est un support écrit de communication instantanée”. La seule fois où j’ai eu besoin d’une réponse, il devait être 17 heures (l’heure à laquelle le Monde Bancaire s’arrête jusqu’à 9h30 du jour ouvré suivant), j’ai donc envoyé un e-mail et attendu la réponse pendant quelques semaines, jusqu’à ce que je me plaigne en personne à un guichet pour qu’on me rétorque “Ha mais Mlle Truc ne travaille plus dans cette agence !”.
Sérieux.
Les banques se sont imposées dans la vie courante et sont devenues indispensables, mais honnêtement, parfois, on se croirait à la Poste.

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